Pharmaguideur à PharmagoraPlus 2015 !


Jean-Michel REFALO, docteur en Pharmacie, dirigeant de Pharmaguideur, a animé une conférence sur « La prise en charge et le suivi du patient âgé – Prévention des chutes », le 22 mars 2015 dans le cadre de PharmagoraPlus, le rendez-vous annuel des pharmaciens.

Cette conférence a permis d’aborder les points suivants :

  • conseiller une activité physique adaptée en prévention des chutes de la personne âgée
  • risques des psychotropes, notamment les hypnotiques, chez la personne âgée, avec les problèmes de prescriptions d’une durée non-conforme à la réglementation
  • influence sur le traitement médicamenteux des modifications du régime alimentaire chez la personne âgée et du vieillissement des processus physiologiques (digestion, élimination…)
  • antalgiques et anti-inflammatoires : précautions pour le patient âgé • baisse de l’acuité visuelle, que conseiller • conseils possibles en vue d’adapter l’habitat de la personne âgée
  • et enfin intérêt d’une prise en charge combinant ces différents points

La personne âgée à l’officine – Prévention des chutes

Chaque année, un tiers des personnes âgées de plus de 65 ans vivant à domicile font une chute. Ces chutes entrainent des hospitalisations ou même des décès, elles ont aussi des conséquences psychologiques pour la personne âgée qui perd confiance en elle, diminue ses activités… et peuvent même remettre en question le maintien à domicile.

Le Pharmacien a un rôle important à jouer dans la prévention des chutes de ses patients âgés en conseil, comme lors des délivrances de prescriptions.

Bon nombre de médicaments posent des problèmes accrus chez les personnes âgées. Au premier rang se trouvent les benzodiazépines et apparentés, qui provoquent une forte accoutumance avec un sevrage difficile, ainsi que des troubles de la mémoire. Ces hypnotiques sont une cause majeure de chutes à domicile, leurs effets chez la personne âgée pouvant se prolonger pendant la journée. Le pharmacien, afin de veiller au respect des règles de prescription de ces médicaments, pourra rechercher un dialogue en amont avec le prescripteur, le patient voire son entourage, et donner des conseils d’hygiène du sommeil. Les médicaments de cardiologie posent eux aussi des problèmes particuliers aux personnes âgées qui sont en général plus sensibles à l’effet des hypotenseurs, des digitaliques, des bétabloquants…

Certains antidiabétiques comme les sulfamides sont contre-indiqués chez la personne âgée car ils peuvent provoquer une hypoglycémie brutale, d’autres requièrent des précautions comme la Metformine pour son élimination rénale, Acarbose et Miglitol en cas de maladie inflammatoire du colon ou antécédents de celle-ci. Par ailleurs, chez bon nombre de personnes âgées, il y a une relation complexe entre repas et prise de médicaments. Le pharmacien devra veiller à ce que le traitement de son patient âgé ne soit pas perturbé par des modifications de son régime alimentaires ou de l’horaire des repas, que l’alimentation reste équilibrée et les apports hydriques suffisants, surtout en période chaude.

Chez la personne âgée, les modifications pharmacocinétiques sont nombreuses mais d’inégale importance. Ainsi, toutes les voies d’administration, à l’exception de la voie intraveineuse, sont affectées par le vieillissement, mais ces modifications ont peu de conséquences, l’absorption de la dose médicamenteuse est ralentie mais pas réduite. Les modifications au niveau de la distribution des médicaments ou de la métabolisation hépatique n’entraînent pas en pratique de modification des traitements, faute d’un paramètre permettant de mesurer les modifications dues au vieillissement. En revanche, il en est tout autrement du vieillissement de la fonction rénale, la mesure de la clairance rénale étant un paramètre fiable permettant d’adapter la posologie de bon nombre de médicaments.

Le pharmacien peut apporter d’autres conseils utiles à son patient âgé : maintenir ou reprendre une activité physique adaptée diminue les risques de chutes. Il devra aussi devancer les questions de son patient âgé en lui proposant du matériel de maintien à domicile, dès qu’il en constate le besoin. Sinon le pharmacien risque, sur ce secteur très concurrentiel du maintien à domicile, de se faire devancer par d’autres prestataires qui n’auront pas ses scrupules.